Indigo

Un blog pour dire ce qui se passe au jour le jour...

Nom : Indigo
Lieu : Bédarieux, Hérault, France

Une grand-mère qui a trouvé le bonheur sur le tard

11.09.2009

A propos du Mur



Pendant toute la période où des hommes se sont acharnés à en séparer d'autres par le biais d'une construction hideuse dans son aspect et dans sa conception, j'ai imaginé quelle douleur cela pouvait être pour des gens, eussent-ils perdu une guerre, que de laisser famille, amis, souvenirs à un endroit à la fois si proche et si inaccessible. L'Allemagne de l'Est et ce qui en filtrait me paraissaient un endroit curieux, un peu comme la lune. L'Est et ses nageuses surdimensionnées, ses patineuses qu'on n'interviewait pas, ses résultats sportifs dans tous les domaines : que faire dans un pays comme ça, sinon se défoncer pour que la vie ait l'air moins morose ? Du genre "vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance…"

J'en avais des nouvelles régulièrement par le biais de quelqu'un que j'aimais beaucoup, le premier mari de ma sœur, qui se rendait fréquemment à Dresden, fief mondial des opticiens photo. Il me décrivait un endroit triste, où il semblait que la guerre s'était arrêtée la veille : gravats et herbes folles. Berlin coupé en 4 suscitait ma curiosité : ma mère y avait vécu avant guerre, me décrivant une ville si propre et si gaie où elle disait avoir passé les meilleures années de sa jeunesse.Deux ou trois jours après la chute du Mur, événement politique je considère comme le plus important de la fin du 20ème siècle, je rencontre chez le boulanger mon amie Anne, Hambourgeoise installée depuis longtemps en France et je lui demande quel effet ça lui fait d'être réunifiée ? La formule l'avait fait beaucoup rire et elle m'avait répondu par une boutade. Dans la même semaine, j'en parle avec une autre amie dont la maman, remariée à un Allemand et vivant entre Cologne et Bonn, était totalement catastrophée : "Ils vont tout nous prendre !!" se lamentait-elle, au point que sa fille avait dû la calmer. Cette dame septuagénaire imaginait des hordes est-allemandes déferlant chez les particuliers de l'ouest pour leur piquer télés, voitures, robots ménagers, mobilier…Je tiens mon mari, Allemand originaire de la Ruhr, pour l'un des hommes les plus intelligents et les plus cultivés que je connaisse. Sa soif d'apprendre est infinie, il lit beaucoup, écoute, s'informe. Et parler avec lui est toujours très instructif. Lorsque nous nous sommes rencontrés il y a moins de 10 ans, je lui ai parlé de la chute du Mur en lui disant combien je considérais cet évènement comme important. Ma belle-fille, dont le grand-père allemand avait fui son pays, rejoint la Légion étrangère et combattu ses compatriotes, avait encore de la famille, un oncle et une tante, près de la frontière. Lorsque son oncle rendit visite un dimanche à sa mère qui habitait Leipzig, je ne sais plus quel évènement ferma le mur à ce type de visite, et il passa de longues années à quelques centaines de mètres de sa femme sans pouvoir la rejoindre. Et curieusement, mon mari ne semblait pas affecté par des drames ordinaires comme celui-ci. Il me disait même que les Allemands de l'Est n'étaient plus vraiment Allemands, etc. Ce manque de discernement chez un homme capable de réflexion et qui place la liberté au dessus de tout, m'a longtemps semblé bizarre mais le sujet était tabou à l'ouest, ce qui explique peut-être cet état d'esprit. C'était comme une disparition : on ne retrouve pas les gens alors on finit par imaginer qu'ils sont heureux là où ils sont, du moins on l'espère. Je pense que ce sont nos conversations qui ont amené mon mari à changer sa vision des choses, nos conversations et un voyage que nous avons fait, à l'Est. Un pèlerinage pour moi, Dresden d'abord, Berlin ensuite pour pouvoir raconter à ma mère la ville de sa jeunesse, 70 ans et une guerre après. L'ex-partie russe de Berlin ressemble à une ville de province et elle suscite toujours beaucoup de curiosité de la part des Allemands. J'ai adoré ce voyage et pour toutes sortes d'autres raisons, je suis heureuse que ce mur soit tombé, en même temps qu'un régime totalitaire qui fait froid dans le dos. Je salue, si elles passent ici, parce qu'elles ont toutes un lien avec l'Allemagne : Anne, Michèle, Mira, Chris, Virginia, Florence.

Une photo pour illustrer cette chute : le fameux Palais de la République, fort heureusement démoli depuis notre visite.


10.12.2009

T'es où ? Tu fais quoi ?

Je suis un peu surprise qu'il faille légiférer pour interdire les portables, je veux parler des téléphones, dans les écoles et collèges. S'il est important de pouvoir joindre papa-maman, ces petits appareils bien pratiques servent surtout à joindre copains et copines à toute heure du jour et peut-être de la nuit. Mais qu'on ait besoin des sénateurs pour une simple question de discipline alors que ce problème est du ressort du chef d'établissement, voilà qui nous montre une fois de plus qu'il y aura désormais une loi pour chaque manquement à la simple politesse et que nous comptons sur les politiques pour interdire à tout va.
Il y a trois petites semaines la plus jeune fille de mon mari vient nous visiter en fin d'après-midi. Elle a dans la main l'accessoire indispensable à sa survie : son téléphone portable, qui semble presque greffé dans sa paume. Quand il n'est pas dans sa main, il est sur la table, à proximité de son regard, de manière qu'elle ne loupe aucun des évènements qu'elle va apprendre par ce moyen. Je lui propose de diner avec nous, elle accepte après maintes difficultés. Je prépare et nous passons à table.
Combien dure ce repas ? Une demi-heure ? Elle aura bien passé 28 minutes à répondre à des copines, selon la règle immuable du "t'es où, tu fais quoi". Elle aura ainsi entretenu trois longues conversations sans aucun intérêt, dit trois fois qu'elle était chez son père en train de diner sans se soucier de lui le moins du monde et à aucun moment proposé de rappeler sa correspondante.
Lorsqu'à midi j'entends parler de ces fameuses dispositions sénatoriales, je m'étonne tout d'abord que des élèves aient assez de culot pour se servir de leur portable pendant les cours. Je suis d'une génération où on ne se passait même pas un petit mot en classe, on écoutait nos profs et on parlait à la fin du cours. Nos résultats scolaires témoignaient d'ailleurs de cette attention. Là j'ai profité du sujet pour dire à mon mari que l'attitude de sa fille m'avait fortement exaspérée, il m'a répondu "moi aussi". C'était donc à lui de lui dire quelque chose, mais en bon papa qui ne veut pas contrarier fifille de peur de ne plus la voir, il me laisse probablement le soin de faire la remarque la prochaine fois. A moi le rôle en or, celui de la méchante belle-mère qui contrarie la princesse. Un emploi que je ne refuse jamais quand il est nécessaire de le tenir.

10.08.2009

Mitterrandiste tendance Frédéric

Je l'avoue : j'ai toujours eu un faible pour Frédéric Mitterrand. Je le suis depuis un bon moment dans ses activités à la télé, au cinéma, en littérature. On va dire que ce n'était donc pas un inconnu lorsqu'il a été nommé ministre et que le procès qui lui est fait maintenant est totalement grotesque.
Il va sans dire que je ne cautionne pas le tourisme sexuel. Je l'ai écrit mille fois, toute injure faite à un enfant ou à un animal a le don de me faire sortir de mes gonds. Mais les gens qui parlent du livre "Mauvaise vie" sans en avoir lu une ligne ou pire, en extrayant de leur contexte les quelques pages qui parlent de ce tourisme particulier, sont carrément malhonnêtes. Je ne parle pas de ceux qui ayant acheté le livre en pensant y trouver des chapitres graveleux en ont été pour leurs frais. J'ai rarement lu un livre aussi triste que celui-là.
Je trouverais dommage que Frédéric Mitterrand soit obligé de démissionner mais je pense qu'il n'aurait jamais dû accepter d'être ministre, alors qu'il était si bien en Italie comme directeur de la Villa Médécis. Le "politiquement correct" doit être laissé aux hommes politiques, même quand ils ne sont pas irréprochables. Il avait fait jusqu'à présent un parcours sans faute. Dommage que l'attrait des ors de la république ait pesé plus lourd que sa liberté d'expression.

9.23.2009

Un ordinateur portable à (très) bas prix.

Durant les vacances des filles ainées de mon mari, j'ai pu observer la petite Shari (5 ans) jouer sur l'ordinateur portable de sa maman. Cette année, son petit frère avait grandi et les disputes pour la possession de l'appareil étaient fréquentes. Mais que peut faire un petit bonhomme d'à peine deux ans et demi, sur un portable ? Sa soeur lui en a donc confectionné un. Sur feuille A4, elle a dessiné un écran dans lequel elle a fait un dessin, puis dans le bas de la feuille, un clavier. Feuille pliée en deux, appuyée sur une bouteille, et voilà le petit Danny qui joue à l'ordinateur. Petit malin il est allé chercher un galet dans le jardin, et bouton gauche, bouton droit, petit doigt qui fait défiler une roulette imaginaire, le galet s'est transformé en souris.
Je ne sais pas où est l'ordinateur, j'ai toujours le galet par contre. Petit Danny et Petite Shari sont rentrés en Allemagne et attendent maintenant un petit frère pour la fin de l'année. Que vont-ils inventer pour le distraire, dans quelques années ?

Il suffit peut-être d'y croire...


De son premier séjour en Centrafrique en 1987, mon fils me rapporta plusieurs choses : une silhouette de l'Afrique découpée dans du métal, une pépite d'argent et ce curieux petit pendentif (photo) en ivoire dont il me dit qu'il nous protégerait des moustiques.

Depuis 22 ans, la figurine est donc suspendue à la bibliothèque, quel que soit l'endroit où j'habite. Vrais pouvoirs ? Nous dormons les fenêtres ouvertes l'été, en ce moment nous habitons non loin de la rivière, jamais un moustique ne s'est hasardé à la maison...

9.16.2009

Je n'ai rien compris à la taxe carbone


J'attends donc qu'on m'explique :
- si tous les citoyens des pays industrialisés vont la payer aussi.
- pourquoi ce sujet n'a pas fait débat au parlement européen puisqu'apparemment chez nous c'est Sarko qui a fixé le montant.
- à quoi va concrètement servir cet argent.
- puisque l'état va en rembourser une partie aux citoyens qui auront payé cette taxe, pourquoi ne pas leur faire payer la partie non remboursée.
- dans la mesure où je peux pratiquement me dispenser de ma voiture, je paierai moins. Serai-je moins remboursée.
Etc, etc.
PS Une manière de respirer et d'alléger mon esprit : aller en mer.

9.12.2009

Avoir la grippe (peut-être, finalement)


La fermeture d'un collège de mon département m'amène à me poser cette question et j'aimerais bien qu'on m'apporte une réponse.
- plus de 800 élèves sont invités à rester chez eux pendant qu'une trentaine luttent contre le virus.
- peut-on raisonnablement penser que cette trentaine clôturera la liste des malades de ce collège ?
- va-ton fermer ce collège chaque fois que trente élèves seront malades ?
- faudra-t-il que tout le monde dans ce collège ait eu la grippe afin qu'il fonctionne normalement ?
- c'est l'exemple d'UN collège, à multiplier par le nombre d'établissements scolaires en France.

PS Un petit virus et en photo, un grand homme : Pierre-Paul Riquet, né à Béziers, qui a creusé le Canal du Midi

Comment faire dégénérer un incident mineur

Nous avons de la chance : notre plage favorite est autorisée aux chiens, tout au moins dans sa seconde partie. C'est à dire qu'entre le parking et la plage des chiens, il y a au plus 150 mètres à parcourir.
Nous avons des chiens : 6 exactement, mais disons qu'ils n'ont rien à faire à la plage en cette saison. Nous sommes à 50 mn du sable, ils sont aussi bien à la maison. Il en va tout autrement des vacanciers qui se déplacent avec leur animal et ne peuvent faire autrement que de le prendre avec eux. J'imagine qu'ils apprécient d'avoir un espace où leurs compagnons sont admis.
En début d'après midi, je vois un chien tout mouillé dans la zone "sans chiens" et je me demande où sont ses maitres. Le chien circule un moment puis une heure plus tard, je le vois accompagné d'un couple, lequel ignore superbement la pancarte. Au bout d'un moment je dis à mon mari que les CRS du poste vont l'apercevoir et le prier de s'installer ailleurs. Et j'ajoute : "tu vas voir, ils vont contester et ça va finir avec la police". Effectivement une jeune fille du poste vient dans notre coin et interroge les gens : la maitresse du chien est dans l'eau, son compagnon a disparu. Très mécontente après un entretien avec la garde, elle ramasse sa serviette, maltraite son chien au passage en le saisissant par les oreilles et quitte la plage. Fin du premier épisode.
Mais comme dans tout les bons feuilletons, il y a une suite. Au bout d'un moment, ils réapparaissent et se réinstallent où ils étaient. Cette fois-ci, ce sont deux CRS du poste qui viennent mettre les pendules à l'heure. Nous sommes sur le départ, je n'entends pas ce qu'ils disent, mais ils montrent du doigt la zone chien. Peine perdue, 150 m c'est beaucoup trop loin, le type est donc raccompagné à son véhicule par les deux CRS. Le contrevenant est un Méditerranéen de l'autre côté, arrogant, bavard, les deux CRS ne se laissent pas impressionner par cet imbécile.
Il y a des fois où l'entêtement confine à la maladie mentale. On a l'impression qu'on lui a demandé la lune alors que n'importe qui de sensé aurait dit sur le ton de l'excuse ne pas avoir remarqué la pancarte, aurait ramassé sa copine, son chien et sa serviette et serait parti là où il fallait. Lui en fait une affaire d'état, s'enfonce dans sa bêtise - avoir le QI d'une paire de tongs n'excuse pas tout - et trouve sur le parking la police municipale. Bientôt suivie de la gendarmerie que nous croisons en repartant.
Je n'ai pas le troisième épisode, mais je verrais bien le chien en fourrière - dommage, c'était lui le plus sympa - et ces deux ploucs en garde à vue. Voilà comment, partant d'une ignorance de pancarte et de règlement, on en arrive à mobiliser des fonctionnaires pour faire entendre raison à un type qui a décidé de faire ch... tout le monde.

PS Une petite bruyère en photo, saisie derrière chez nous un matin d'hiver.

9.11.2009

Les allées du contre-pouvoir


Je poussais mon caddie hier comme chaque semaine lorsque passant dans le rayon hygiène-beauté un monsieur m'interpelle : il ne voit pas très clair, est-ce que je peux lui dire si ce produit conviendra à ses cheveux ? J'attrape les deux flacons liés par un adhésif publicitaire lorsque je m'aperçois que l'un des deux fuit, et pas qu'un peu : je me retrouve avec les doigts enduits et toutes mes courses à faire. J'avise une dame qui couve du regard du jambon en promo et je me dis qu'avec un peu de chance, elle aura un mouchoir en papier (vous savez celui dans lequel vous devez vous moucher avec de le jeter à la poubelle et de vous laver les mains...). Je lui pose la question, what ? Je lui redemande en anglais, sorry, she hasn't, have a nice day quand même. J'ai finalement trouvé mon bonheur après avoir réussi d'une seule main - trop forte ! - à ouvrir mon propre sac.
Une observation faite depuis déjà longtemps. Il parait que nos écoliers ont un mal fou à apprendre l'anglais, les mêmes difficultés probablement que les Anglais à apprendre le français car venant habiter ici, ils attendent que tout le monde parle la langue de Shakespeare. Je n'ai retrouvé ce travers ni chez les Gallois, ni chez Irlandais, ni chez les Ecossais (Janice, si tu passes par ici...). Eh oui, ces valeureux peuples vivent dans les iles britanniques, lesquelles ne se résument pas à l'Angleterre, et parlent pourtant, lorsqu'il le faut, un français digne d'éloges.. Lorsque les Anglais simplement en vacances font leurs courses, ils viennent en groupe pour s'entraider. Une Anglaise toute seule vit ici à l'année et ignore visiblement tout du plaisir qu'il y a à communiquer dans un pays qui n'est pas le sien...
PS Et voilà comment à partir d'une bouteille de shampooing qui fuit, on vient à parler des Anglais et montrer une photo de Venise que je trouve splendide parce que c'est moi qui l'ai prise, à 20 h 30, depuis le vaporetto.

Avoir la grippe (ou pas)


Après une pneumopathie en janvier et une autre en mars, je ne suis pas du tout candidate au virus contre lequel le gouvernement prend des mesures disproportionnées, donc ridicules. Bonne occasion de citer Talleyrand qui disait : ce qui est excessif est insignifiant. Les conseils qui tournent en boucle à la télé m'ont d'abord fait rigoler, maintenant ils m'exaspèrent. Qui va éternuer dans sa manche ? Pourquoi ne pas s'y moucher pendant qu'on y est ? Mission impossible, chez moi c'est encore l'été et je suis bras nus depuis des mois.
Le petit garçon d'une amie parisienne a eu la grippe en juillet, authentifiée par le médecin de famille. Impossible d'imaginer comment et où il l'a attrapée, ce qui est sûr c'est que son entourage ne l'a pas eue à son contact. Contagieuse, la grippe ?
PS. Comme dit la pub, restons légers. La photo représente, vus d'en haut (550 m) les monts d'Orb qui nous séparent de la plaine de Béziers et la route qui y mène.