Indigo

Un blog pour dire ce qui se passe au jour le jour...

Nom : Indigo
Lieu : Bédarieux, Hérault, France

Une grand-mère qui a trouvé le bonheur sur le tard

6.24.2009

Sur la route

Pour éviter de subir le chômage technique dans son entreprise, mon fils Thomas a accepté d'aller travailler quelques temps à 150 km de chez lui dans une autre unité du groupe. Chaque matin, il se lève très tôt – à peine 3 h – et part avec un copain. Malgré qu'il dorme le plus possible lorsqu'il rentre, hier matin il n'a pas entendu son réveil, son copain l'a attendu puis il est parti sans lui. Réveillé, Thomas est parti en moto. Entre Château-Gontier et Laval, il suivait une camionnette, qui suivait elle-même deux voitures, lesquelles se trouvaient derrière une Clio blanche. Pour surveiller la route sans être gêné par la camionnette, il roulait sur la partie gauche de sa file lorsqu'il a vu la Clio obliquer brusquement et partir droit sur un camion, sous la remorque duquel elle s'est encastrée dans un ouragan de fumée et de débris. Les voitures qui roulaient derrière ont poursuivi leur route, de même que celles qui se trouvaient derrière Thomas : aucun secours n'étant présent, il est évident que l'accident venait de se produire et qu'il y a donc non assistance à personne en danger. Thomas était déjà garé et courait vers ce qui restait de la Clio : des morceaux partout, un amas de tôle. Le chauffeur du camion était déjà au téléphone pour prévenir les secours. Dans ce qui restait de la voiture, un jeune homme en sang, la jambe bizarrement tordue, le pied coincé sous les pédales, des plaies partout. Il cherchait à se dégager de sa ceinture, Thomas avait un couteau et l'a coupée car l'accroche était inaccessible. Le garçon s'est effondré sur la route, le pied toujours coincé. La circulation continuait sur la route, personne ne s'arrêtait pour voir s'il pouvait aider. Le garçon a dit qu'il s'appelait Mathieu, qu'il avait 20 ans et que venant d'Ancenis il se rendait à Laval pour passer un examen. Thomas l'a maintenu éveillé jusqu'à l'arrivée des secours, les pompiers d'abord, puis le SMUR, puis la gendarmerie. Tout le monde l'a remercié de son aide, la gendarmerie a pris ses coordonnées. Il a demandé au chauffeur du camion pourquoi il n'était pas venu l'assister, celui-ci lui a répondu que depuis le début de l'année, c'était le troisième accident grave auquel il assistait et que la dernière fois, le blessé était mort dans ses bras.
Thomas m'a dit qu'en remontant sur sa moto il avait été tenté de faire demi-tour et de rentrer chez lui, puis comme il n'était qu'à une vingtaine de kilomètres, il a préféré aller travailler, mais qu'il s'était senti mal toute la journée. On s'était toujours dit qu'en cas de nécessité, on préférerait parler à un être cher plutôt qu'à un psychologue, je l'ai écouté ce soir au téléphone, avec patience et avec effroi. Il ne m'a épargné aucun détail, m'a dit que lorsqu'il était arrivé au boulot, il était tellement couvert du sang du blessé que ses copains ont cru que c'était lui qui avait eu un accident. Finalement, je préfère qu'il m'ait parlé à moi, qui le connais si bien. Personne ne m'a été plus proche pendant des années, jusqu'à ce qu'il prenne son envol. On a beau être un bel homme de bientôt 41 ans et choisir de se confier à sa mère plutôt qu'à un étranger. Je n'ai cherché aucun mot pour le réconforter, alors que je suis plutôt douée pour ça. Il ne voulait que parler. Et que je l'écoute.

6.21.2009

Une nouvelle raison de s'indigner

Pour avoir eu un grand-père grand invalide de guerre, je sais ce que c'est que d'être handicapé et j'en ai gardé des réflexes d'aide et d'attention aux autres.
C'est pourquoi ce que raconte une de mes jeunes amies me fait beaucoup de peine. Sa maman a fait un AVC. Elle récupère doucement, mais elle reste assez peu valide, se fatigue vite, etc, rien de plus normal quand on subit ce type d'accident. Récemment mon amie se rend avec ses parents dans un magasin de vêtements, succursale d'une grande enseigne : il s'agit pour elle de recevoir avec un peu de retard son cadeau de Noël : des vêtements. Sa maman fait un effort considérable pour abandonner son fauteuil roulant dans la voiture et se tenir debout auprès de sa fille. Les achats sont faits et voici la famille à la caisse prioritaire. Devant eux, une cliente enceinte et une caisière complètement débordée. La papa de mon amie insiste gentiment, peut-on les faire passer car la maman ne peut rester debout, elle fatigue trop. Et la caissière de l'autre caisse, à qui on n'a rien demandé, de ramener sa science de façon grossière : "si vous êtes pas content vous avez qu'à pas LA sortir, et vous changez de magasin on va pas se mettre en plus à tout arrêter pour un handicapé !"
LA ??? Come si c'était une chose, un objet qu'on déplace et qui dérange dans un magasin ? La maman se met à pleurer en disant qu'elle n'a pas choisi son handicap. Alertée la responsable du magasin présente ses excuses, mais ce n'est pas suffisant, mon amie ne veut pas en rester là et son papa non plus. Je souhaite naturellement à la caissière impolie de se retrouver aussi dans une situation délicate, incapable d'enfiler une culotte toute seule, obligée d'avoir de l'aide pour tout. 6 semaines dans un fauteuil roulant m'en ont appris encore davantage sur le sort des handicapés.
Je ramène cette lamentable histoire à ce que j'ai entendu lorsque j'avais une dizaine d'années. Chaque année, mon grand-père dont je parlais plus haut, privé de ses jambes depuis la bataille de Verdun (il avait 19 ans) venait à Paris au Congrès des Grands Invalides, asistait à la remise des prix de notre école et nous remmenait avec lui au fin fond de la Charente Maritime pour des vacances bien méritées. Il se déplaçait dans une voiture d'invalide, évidemment, bien qu'ayant des jambes artificielles. Le lendemain des prix, nous avions encore quelques jours d'école. Une fille de ma classe me dit : "ah je t'ai vue avec ton grand-père, moi j'aurais honte de me promener avec un mutilé..." Je lui ai sauté dessus, elle a pris mon poing dans la figure, il a fallu nous séparer. Plus d'un demi-siècle après, ces mauvaises paroles résonnent encore en moi comme l'insulte suprême envers un homme que nous adorions, qui était notre héros et qui est toujours ma référence.

Affaler les voiles

Un terme de marine pour un sujet qui fait débat en ce moment : pour ou contre le port du voile ? du tchador ? de la burqa ? du nicab ?
En ce qui me concerne, contre, évidemment. C'est pourquoi je propose une solution simple, voire simpliste : si je vais habiter en Arabie Saoudite, pour ne citer que ce pays du Moyen-Orient, je vais m'habiller comme les femmes là-bas et il ne me viendra même pas à l'idée de m'en offusquer. Etrangère, j'épouse les coutumes du pays où je vis, j'observe un devoir de réserve et je me fond ainsi dans le décor. Ou alors je rentre chez moi.
Je propose aux femmes voilées qui vivent ici, d'en faire autant, de passer inaperçues en s'habillant "à l'européenne". Peu m'importe les raisons pour lesquelles elles revêtent ces oripeaux : j'y vois beaucoup de provocation de leur part. L'islamisation de mon pays laïque commence à me peser sérieusement.

6.19.2009

Le puits sans fond de la vérité

Depuis le début, l'histoire de Véronique Courjault me glace le sang. Le verdict d'hier, la faible condamnation pour trois assassinats abominables, m'amène à me poser des questions sur notre justice, quand on sait qu'on risque déjà 5 ans de prison pour aider ou héberger des sans-papiers.
Cette femme n'est pas la compagne d'un smicard aviné, qui subit des grossesses non désirées. Elle est épouse d'ingénieur, même si l'expérience m'a enseigné que cette profession n'était pas un brevet d'intelligence, de courtoisie et d'attention aux autres. Le déni de grossesse, un vocable bien commode en la circonstance, complaisamment décrit par des experts qu'elle peut remercier à deux genoux, signifie-t-il :
- Je suis enceinte et je ne le sais pas (persistance des règles, pas de prise de poids, grossesse annoncée sur le tard par le médecin, ma mère est passée par là, une de mes amie aussi).
- Je ne suis pas enceinte (et pourtant je le suis).
- Je sais que je suis enceinte et pourtant je dis que je ne le suis pas.
Je regrette que le tribunal, au lieu d'écouter les experts qui ont bien servi l'accusée, n'ait pas plutôt invité à s'exprimer sur le sujet une des deux ou trois femmes qu'on a pu voir interviewées dans les journaux télévisés et qui m'ont plutôt semblé appartenir à la première catégorie : je suis enceinte et comme je n'en ai aucun des signes, je ne sais pas que je le suis. Méconnaissance ou déni ?
En tous cas, bâtardise du verdict : ou Véronique Courjault est malade et elle doit être soignée en milieu psychiatrique, ou elle est pleinement consciente de ce qu'elle a fait et 8 ans, c'est bien trop peu. J'ai beau réfléchir, j'ai bien du mal à comprendre et à admettre de tels gestes, répétés par trois fois en plus ?
Pour avoir mis au monde un enfant qui n'a pas survécu, je connais la douleur de la perte, encore vive plus de 40 années après, et je me demande qui pense encore à ces trois petits êtres qui ont pesé d'un poids si faible dans la balance de la justice…

6.18.2009

RAPIDEX

Vous avez été nombreux à vous rendre sur ce blog et je vous en remercie :
http://rapidex.centerblog.net/
Rapidex n'est pas une structure de l'ampleur de Michelin, mais elle n'en est pas moins importante : 31 employés concernés, ce sont 31 familles. 31 de plus.
Merci de continuer à les soutenir en vous rendant régulièrement sur leur blog.

Facebok

Voilà donc l'histoire de Benjamin. Son grand-père, originaire du Bade-Wurtemberg, avait émigré tardivement aux Etats-Unis, avec femme et enfants déjà grands, puisque le père de Benjamin participa à la guerre de 14. Il n'était pas mobilisable, mais s'était engagé avec ferveur, pour combattre, sans aucun état d'âme, cousins et amis. Il s'était marié en vitesse juste avant de partir et revint du front gravement blessé, gazé, ce qui devait l'emporter à l'âge de 27 ans, Ben étant encore un tout petit garçon. Fils unique, orphelin, il fut élevé par sa mère et sa grand-mère maternelle, entouré d'amour comme il le dit : il n'est qu'à voir une photo prise pendant la guerre, la suivante, où jeune homme de 18 ans engagé dans la marine, il pose entre ses deux adoratrices qui lèvent sur lui un regard émerveillé : il était déjà tellement grand que ce ne sont pas seulement les yeux qu'elles lèvent, mais la tête toute entière !
Donc voilà Ben, marin, au large de New York mais dans les eaux territoriales, surveillant qu'aucun sous-marin allemand ne rôde dans les parages. Pas de combat, sa mère ne l'avait laissé s'engager qu'à cette condition, mais la sensation, me dit-il, d'être utile à son pays. Après la guerre, je suppose que la nation reconnaissante offrit à Ben des études de haut niveau puisque cet homme délicieux devint ingénieur aéronautique et qu'il termina sa carrière… directeur du LEM à la NASA ! Oui, la petite voiture la plus chère du monde, qui est encore sur la lune, c'est lui et son équipe !
Quand je l'ai connu, Ben occupait son temps entre le golf à la belle saison, les modèles réduits de bateaux, et les voyages. Hong Kong une fois par an pour visiter le frère d'Alice qui y résidait toujours, l'Europe et en particulier l'Allemagne où il avait recherché et retrouvé des membres de sa famille, l'Angleterre, pays de naissance d'Alice.

Il y a quelques temps, je me rends sur Facebook pour voir à quoi ça ressemble, et je m'y inscris, bien que n'y trouvant pas un intérêt extraordinaire. Et puis l'idée me vient de faire une recherche. Qui ? Ben et Alice, bien sûr. Ben a 87 ans maintenant, il faut que je leur envoie un mail sans trop tarder, pour leur dire que je pense toujours à eux avec beaucoup de tendresse.

Ben et Alice

Une des premières personnes que j'ai rencontrées lorsque je séjournais dans ma famille aux Etats-Unis, s'appelle Alice. C'est une Eurasienne petite et menue, d'une élégance sans défaut, qui doit avoir maintenant aux alentours de 80 ans et son histoire est extraordinaire, comme celle de bon nombre d'Américains.
Imaginez dans les années 30 une jeune Française professeur à Londres. Elle enseigne… le français et rencontre un diplomate chinois. Coup de foudre, ils se marient, ont deux enfants – Alice et son frère. Mais la révolution est en marche et rien ne l'arrêtera. Le diplomate est rappelé à Pékin, où dès son arrivée avec femme et enfants, il est assigné à résidence. Son long séjour à l'étranger lui vaut des suspicions de la part du régime. Il proteste, demande qu'au moins sa femme française et ses enfants soient libérés, ce qu'on lui accordera de longues années après. Ils seront tous les trois exilés à Hong Kong, l'histoire ne dit pas s'ils continueront à recevoir des nouvelles de leur mari et père.
Alice m'a parlé de cette longue période d'enfermement, encore s'estimait-elle heureuse de cette situation, tant l'épuration avait fait de victimes. J'aimais bavarder avec cette femme charmante et cultivée. Chose atypique aux Etats-Unis, elle et son mari n'avaient qu'une voiture. Un jour elle m'invite à assister à un concert. Elle passe me chercher sous un déluge de pluie et ma cousine suggère qu'au retour, elle prenne son mari et qu'ils viennent diner avec nous. Lorsqu'après une après-midi culturelle, nous nous arrêtons à Tonawanda devant une ravissante maison dont la porte de garage s'orne de l'idéogramme chinois signifiant "bonheur", je ne m'attends certainement pas à découvrir derrière la porte un géant de deux mètres dont l'air sévère m'intimide beaucoup. Pas de chance, Alice s'isole pour donner quelques coups de fils, je dois donc entretenir un minimum de conversation.
Sans prétention, je parle bien anglais, j'ai été longtemps secrétaire bilingue, métier où j'écrivais dans cette langue plus que je ne parlais mais je me suis rattrapée et puis ça fait un petit moment que je suis à Buffalo. Mais si j'en ai pris les tics de langage, les mots familiers, je ne suis toujours pas sûre de comprendre mon interlocuteur aux premiers mots qu'il prononce tant les accents varient d'une personne à l'autre. Voilà donc Benjamin H. qui parle avec ses narines, qui me dit qu'il fait un temps de chien et me demande si j'ai passé un bon après-midi et miracle, je comprends tout. Du coup on a le temps de parler d'un tas de choses avant de repartir.
Bon, la suite dans un autre article, parce que l'histoire de Benjamin est aussi étonnante que celle de sa femme. Au fait Tonawanda veut dire "eaux rapides" en langue seneca, tribu d'Indiens qui fait partie des 6 nations des Iroquois qui peuplaient la région. Et la peuplent toujours : il y a une réserve indienne seneca à Tonawanda.

6.12.2009

Une alternative à la bêtise

J'ai déjà dit que les critiques non constructives étaient bien vaines, même si elles font du bien à celles qui les écrivent : faute de talent pour écrire autre chose, c'est publication (presque) assurée.
On peut par contre se rendre utile en consultant ce lien :
http://rapidex.centerblog.net/
qui est celui du blog des salariés de l'entreprise où travaille ma belle-fille Florence. Ils se battent comme des lions, à la fois pour conserver leur emploi et surtout leur savoir faire. A l'heure où j'écris, personne ne sait encore qui va prendre la porte fin juillet. Leur solidarité est exemplaire, leur intelligence dans le combat aussi. Ils ont frappé aux bonnes portes, contacté les gens qu'il fallait, la presse et la télé locales font bloc avec eux et relaient toutes leurs initiatives.
Il n'y a rien à signer, seulement à lire, et peut-être laisser un commentaire de soutien : voilà une occasion d'aligner des mots qui font du bien et pas des paroles dans le vide. Et plus utile en tout cas que ce que je peux lire certaines fois...

6.09.2009

Un jeu stupide

Auquel je vous convie quand même. Bon vous connaissez ma situation actuelle si vous avez lu le post intitulé "Du bon usage des vacances en famille". Je me suis aérée un peu aujourd'hui, j'ai même fait prendre l'air à ma carte bleue avec des achats plaisir : de la lecture, des bonbons, des grillades pour le prochain barbecue, et même le coiffeur. De retour à la maison vers 15 h 30, je constate que le petit bonhomme - 28 mois, un gracieux petit chou mignon comme tout - n'est pas bien luné, tout lui pèse et il crie et pleure pour un rien. Vers 18 h 30 nous sommes en train de préparer le diner, encore une colère et je dis à mon mari : il crie comme ça depuis que je suis rentrée.
Et maintenant, le jeu. On vous fait une réflexion anodine comme celle-ci, quelle est votre réaction ? Je suppose que vous allez répondre quelque chose de banal comme : il s'est levé trop tôt ce matin, ou bien : il est mal réveillé de sa sieste, ou encore : il a pas des grosses dents qui percent ? En somme une simple remarque à une réflexion qui n'était pas une question. Eh bien mon mari remporte la palme pour' m'avoir répondu : de toutes façons, tu n'aimes pas les enfants.
Je ne suis pas encore remise d'une réaction aussi stupide, aussi peu en phase avec ce que je suis réellement : une grand-mère patiente qui justement trouve ces deux petits adorables et ne tarit pas d'éloges sur eux. Le contraire d'une fée du logis qui peine en silence et ne proteste que lorsque les enfants taquinent trop les chiens, dans le seul souci d'éviter un accident. J'ai entendu un bruit de casse ce soir dans mon atelier, vais-je retrouver une de mes poupées en porcelaine la tête fracassée ? Je verai ça demain soir quand le champ sera libre et que je prendrai la mesure du rangement et du ménage à faire. Et que je constaterai les bêtises qui s'accumulent depuis deux semaines, soigneusement disimulées par la mère. Alors c'est vrai, je n'aime pas les enfants dont les mères laissent tout faire.

6.06.2009

La vie de château

Clothilde ayant passé un week dans un endroit chic se demande si elle et Charlemagne sont assez bien pour le lieu, etc, etc… Mais OUI !
Une récente expérience m'a enseigné qu'avec le sourire, on passe partout. Je ne suis nullement habituée des Relais et Châteaux mais je suis prête à y aller, sans aucun complexe. C'est sûr que le Ducato de mon mari ou ma 205 de 1991 (moteur Porsche, quand même, dommage on ne le voit pas) vont détonner un peu dans le parking, mais rappelons que c'est aux gens qui vous reçoivent de vous mettre à l'aise et pas le contraire. S'ils savent le faire, ça roule tout seul.
J'ai raconté cette anecdote un peu plus bas. L'an dernier lors d'un voyage à Paris pour voir l'expo des cavaliers chinois de passage dans la capitale, ma sœur m'a entrainée chez Hermès. On n'a aucun mérite, l'expo était place de la Madeleine, on a donc fait les beaux quartiers et ma sœur me dit : Ah, Hermès est rouvert après travaux, on va y faire un tour. Une chose qui me différencie de la clientèle habituelle, c'est que j'ai salué le portier en entrant et que je lui ai souhaité bonne journée en sortant. Pour le commun des clients, il doit être totalement transparent. Seule, je ne serais certainement pas allée dans un lieu aussi chic, mais ma sœur m'a dit que chaque fois qu'elle allait dans le quartier avec des amies, elle ne manquait pas d'y faire un tour. J'avais l'allure d'une provinciale, chaussures confortables, jean et imperméable, et comme je m'étonnais de l'extrême amabilité des vendeurs alors que visiblement je n'avais pas le look et qu'il était patent que je n'achèterai rien, ma sœur m'a fait remarquer que les vendeurs ne savent pas qui est en face d'eux et que si je n'ai pas les moyens d'acheter quoi que ce soit maintenant, je les aurais peut-être un jour. Je me souviendrai alors que chez Hermès, j'ai été reçue comme une reine. Ce sont des petits plaisirs qu'il ne faut pas négliger.